Oblt. Georg Schneider – 3./JG 21 – Le pilote

Obertleutnant Georg Schneider (1913-1940)

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Né le 5 juillet 1913 à Marne, une petite ville du Schleswig-Holstein au nord de l’Allemagne, il est décédé peu avant ses 27 ans le 27 juin 1940 vers 17 heures en s’écrasant dans un bois à Zeist (près d’Austerlitz), à 10 km à l’est d’Utrecht aux Pays-Bas. Sa tombe est toujours en Hollande dans le cimetière militaire allemand d’Ysselsteyn (Venray / Limburg).

Lors de cet ultime combat du 27 juin 1940, il pilotait un Messerschmitt Bf 109 E-1, le « Gelbe 1″de la 3.Staffel/I./JG 21 – VIII. Fliegerkorps, une unité stationnée à Soesterberg (Pays-Bas) depuis le 23 juin. Georg Schneider portait le grade d’Oberleutnant de la Luftwaffe et était le Staffelkapitän (chef d’escadrille) de la 3. Staffel. Ce combat du 27 juin qui lui fut fatal a été en même temps sa 7e victoire aérienne certifiée (probablement une 8e) depuis septembre 1939… Il a été de fait le 1er pilote de la JG 21 à avoir été abattu dans le ciel néerlandais et fut inhumé le 28 juin avec les honneurs militaires en présence de toute l’escadre au cimetière de Soesterberg. A sa suite à la tête de la 3. Staffel a été nommé l’Oberleutnant Richard Hausmann, la JG 21 disparaissant peu de temps après pour former le III./JG 54.

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Carrière militaire …

L’Oberleutnant Georg Schneider était le Staffelkapitän de la 3./I./JG 21 depuis le 13 juillet 1939. La I./JG 21 s’est d’abord trouvée à Jesau (province de Königsberg – Prusse-Orientale, aujourd’hui la ville russe de Juschny, près de Kaliningrad) puis à Gutenfeld (Kreis Königsberg/Samland, Ostpreußen, aujourd’hui la ville russe de Lugowoje, près de Kaliningrad) à partir du 24 juillet 1939. A la fin de ce même mois, l’escadre reçut l’ordre de se préparer au combat.

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La « Croix de Jesau » (Jesau Kreuz) qu’arboraient les unités de la Luftwaffe constituées à Jesau, dont la I./JG 21.

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gsGeorg Schneider et son 109-D (« Dora ») en août 1939 à Gutenfeld

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L’engagement de la 3./JG 21 dans la campagne de Pologne…

 (Source principale : l’ouvrage de Marek J. MurawskiMesserschmitt Bf 109 C/D in the Polish Campaign 1939 – Kagero 2010)

Le 23 août 1939, l’Allemagne et l’Union soviétique ont surpris l’opinion publique mondiale en signant un pacte de non-agression. A partir de là, une offensive contre la Pologne, prise en tenaille entre ses deux puissants voisins, n’était plus qu’une question de temps. Initialement l’invasion du pays voisin était d’ailleurs prévue au 26 août 1939. Mais la signature à Londres le 25 août d’un accord d’assistance pour cinq ans entre la Pologne et la Grande-Bretagne, modifiant quelque peu l’équilibre des puissances sur le continent européen, fit hésiter Hitler qui reporta la date de l’offensive pour permettre à sa diplomatie une ultime tentative de dissuader la Grande-Bretagne et la France d’intervenir dans le conflit imminent. Mais il était déjà trop tard pour la diplomatie. Le 31 août 1939, Hitler donne l’ordre (Weisung Nr. 1 für die Kriegsführung) d’attaquer la Pologne dans les premières heures du 1er septembre 1939. De fait par la déclaration de guerre du Royaume-Uni et de la France à l’Allemagne deux jours plus tard en réponse à l’agression sur la Pologne, cette attaque allemande fut l’événement déclencheur de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

La Luftwaffe a utilisé deux unités dans son offensive contre la Pologne, la Luftflotte 1 Ost au nord, sous le commandement du général Albert Kesselring, et la Luftflotte 4 Südost sous les ordres du général Alexander Löhr, au sud. Au total, la Luftwaffe a engagé un effectif théorique de 342 chasseurs Messerschmitt Bf 109 (320 en état de vol). Deux escadres étaient équipées de Messerschmitt Bf 109 D (Dora), la I./JG 21, commandée par le Hauptmann Martin Mettig, dépendante du Luftgaukommando I Ostpreußen au nord , et la I./ZG 2 commandée par le Hauptmann Johannes Gentzen, intégrée dans le Fliegerführer z.b.V. au sud .

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Messerschmitt Bf 109 D-1 marked ‘Yellow 2’ of 3./JG 21; Gutenfeld, East Prussia, September 1939. The aircraft is finished in RLM 70 Schwarzgrün, RLM 71 Dunkelgrün and RLM 65 Hellblau, the greens are in low contrast. [Visualization 3D Bolek Rykowski]

Dès le 24 juillet 1939, la I./JG 21 fut déplacée sur un aérodrome de Prusse-Orientale plus proche de la frontière polonaise, à Gutenfeld (aujourd’hui : Lugowoje, près de Kaliningrad, Russie). A la date du 26 août 1939, l’escadre disposait de 39 Bf 109 D -1 répartis entre trois Staffeln : la 1. sous les ordres de l’Oblt. Günther Scholz, la 2. sous ceux de l’Oblt. Leo Eggers et la 3. sous ceux de l’Oblt. Georg Schneider. A la même date, la I./ZG 2 était basée à Groß-Stein en Haute-Silésie avec 45 Bf 109 C et D, répartis sur 3 Staffeln également.

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Schéma probable du Bf 109 D-1 Gelbe 1 de la 3./JG 21, Gutenfeld, Prusse-Orientale, septembre 1939 -  Wahrscheinliches Tarnmuster der Bf 109 D-1 Gelbe 1 3./JG 21 Gutenfeld , Ostpreußen, September 1939 – Probable splinter pattern of Bf 109 D-1 Yellow 1 of 3./JG 21, Gutenfeld , East Prussia , September 1939.

 

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Le  „Blechwimpel du Staffelkapitän avec le « faucon plongeant » de la 3. Staffel.

Les ordres opérationnels (opération „Wasserkante“) pour la I./JG 21 sont arrivés à Gutenfeld vers 18h00 le 31 août 1939 : décollage à 4h30 le lendemain pour une mission d’escorte de bombardiers en direction de Varsovie. Mais les conditions météorologiques (d’épaisses nappes de brouillard se formant durant la nuit) ont finalement entraîné l’annulation de cette mission. Ce n’est qu’à 8h02 que les appareils de la 1. Staffel ont pu décoller en direction de la ville allemande d’Insterburg (aujourd’hui la ville russe de Tcherniakhovsk) où des postes d’observation avaient cru entendre le bruit d’avions non identifiés. Patrouillant pendant 20 minutes au-dessus de la ville et constatant un ciel vide d’avions, les appareils sont retournés à Gutenfeld dans la matinée encore.

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Sur cette photo de mauvaise qualité à la frontière germano-polonaise (probablement à Arys-Rostken), on distingue l’écusson de la 3. Staffel, un « faucon plongeant » sur fond de nuage …

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La I./JG 21 a reçu l’ordre après le déjeuner de se déplacer vers un aérodrome de campagne (Feldflugplatz) tout près de la frontière, celui d’Arys-Rostken , quelques 130 kilomètres plus au sud. Les Bf 109 D ont décollé de Gutenfeld à 14h20 et se sont posés sur leur nouvelle base une demi-heure plus tard, un avion de transport Ju-52/3m les suivant peu après avec les mécaniciens et les armuriers de l’unité.

b4La I./JG 21 à Arys-Rostken

Lors de l’atterrissage à Arys–Rostken, le Bf 109 D du caporal Johannes Rauhut (1. Staffel) dut se poser sur le ventre suite à une défaillance du train et son appareil fut endommagé à 30%.

Sur les terrains d’aviation utilisés et sur l’histoire de cette escadre JG 21, voir un autre volet de mes recherches ici : http://icaruswings.unblog.fr/2014/11/23/messerschmitt-bf-109e-1-gelbe-1-de-la-3-jg-21-recherches-preparatoires-3-la-jagdgeschwader-21/

Messerschmitt Bf 109 D-1_3.-JG 21_1939.00.00_Le „Gelbe 1“ de l’Oblt. Georg Schneider

Après le ravitaillement, 30 Bf 109 D ont décollé à 16h16 pour couvrir une formation de bombardiers He 111 (KG 27 et LG 1) et Ju 87 (I./St .G 1.) en direction des installations militaires dans et autour de la ville de Varsovie. Ce fut une tâche extrêmement difficile car la capitale polonaise se situait à la limite du rayon d’action des chasseurs.

Flugzeug Heinkel He 111He 111

Le Lt. Hans-Ekkehard Bob, pilote de la 3ème Staffel sous les ordres de l’Oblt. Georg Schneider, se souvient en 2007 :

« En début d’après midi, les trois „Staffeln“ de notre „Gruppe“ont décollé de Arys-Rostken et se sont dirigées vers Varsovie. Notre tâche était de fournir une couverture pour les Heinkel He 111 de la KG 27. Quand nous sommes arrivés au point de rendez-vous, leurs mitrailleurs ont ouvert sur nous un feu nourri et chaotique. Nos camarades nous prenaient pour des Polonais! Apparemment, ils ne savaient pas que notre ennemi ne disposait pas de chasseur moderne monoplan à aile basse avec train d’atterrissage rétractable. N’ayant aucun contact radio avec les bombardiers, notre commandant, le Hauptmann Martin Mettig, se résolut à tirer un signal d’identification préétabli, une fusée blanche qui, à l’éclatement, libérait trois étoiles rouges supplémentaires. Le pistolet de cette fusée était fixé sur le côté tribord de la paroi du cockpit, juste en-dessous de la verrière. La fusée devait jaillir sur l’extérieur par le canon percé dans la paroi. Il a du être obstrué par quelque chose, car – comme notre commandant nous l’a dit plus tard – lorsque il a appuyé sur la gâchette, la fusée a explosé dans sa culasse et est revenue dans le cockpit! Le commandant a subi de graves brûlures à la main droite. La fusée bourdonnait furieusement à l’intérieur du cockpit, rebondissant sur les parois latérales et la verrière … Après un certain temps, elle a semblé avoir fini de se consumer lorsqu’elle s’est enflammée de nouveau, déclenchant l’explosion des trois feux rouges ! Le commandant, étouffé par la fumée, a largué la verrière pour laisser les feux rouges jaillir à l’extérieur. Gravement brûlé, il est retourné à la base accompagné de son ailier, l’Oblt. Schelcher et de l’autre „Rotte (littéralement le « gang », la 2ème paire d’avions de « l’essaim » – le Schwarm  selon la stratégie élaborée par Werner Mölders et Günther Lützow durant la guerre d’Espagne) de son „Stabsschwarm”.

Les autres appareils de notre „Gruppe “ ont continué sur Varsovie, se maintenant à une certaine distance de sécurité de nos bombardiers qui continuaient à nous considérer comme des avions hostiles et lâchaient opiniâtrement des rafales en notre direction. À l’approche de Varsovie, nous avons repéré quelques chasseurs polonais PZL P.24 approchant de notre formation de bombardiers (tous les pilotes de la Luftwaffe engagés dans l’offensive sur la Pologne ont invariablement confondu les chasseurs PZL P.11, équipés de l’aile de mouette dite « Pulawski » avec des PZL P.24 alors qu’en réalité, cette série 24, la plus moderne de ces chasseurs n’a pas été utilisée par l’armée de l’air polonaise). Un duel féroce s’en est ensuivi, qui a rapidement éclaté en une série de duels individuels. Notre formation était dispersée partout dans le ciel. Nous avons fixé les chasseurs polonais pour libérer le passage de nos Heinkel vers leur cible. Mais ces duels aériens nous ont amenés au-dessus de Varsovie, à la dangereuse limite de notre rayon d’action. Ne pouvant attendre un regroupement de l’escadrille, chacun est rentré par ses propres moyens à Arys-Rostken. Nos jeunes « bleus », dont c’était aussi la première mission de combat, furent rapidement désorientés. Pour ma part, après quelques cercles pour localiser ma position, je pus virer pour rentrer à la base. Je fus le premier pilote de la 3. Staffel à se présenter au-dessus d’Arys-Rostken où j’atterris sur les « charbons ardents » peu avant 18h. Notre Staffelkapitän, l’Oblt. Schneider, a du atterrir ailleurs pour faire le plein et est revenu dans la soirée.

Sur l’ensemble des huit appareils de la 3. Staffel, deux seulement ont pu revenir directement, les six autres ont fait des atterrissages d’urgence sur le vol du retour. Je me souviens que les Polonais ont capturé deux pilotes et qu’un autre a été interné en Lituanie. Heureusement, ils sont tous retournés en service à l’issue de la campagne de Pologne. » (Bob Hans-Ekkehard, dans un entretien avec Marek J. Murawski, le 25 août 2007).

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Le „Gelbe 8 de la 3./JG 21 qui, égaré et à court de carburant, a du se poser en Lituanie .

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L’avion de chasse polonais PZL P.11, conçu au début des années 1930 et brièvement considéré comme l’avion de combat ayant la conception la plus avancée au monde.

Le caporal Walter Nuhn de la 2. Staffel était également parmi les pilotes qui ont pris part au combat au-dessus de Varsovie l’après-midi du 1er septembre 1939:

 » Le „Gruppe“ fut lancé dans l’ordre suivant : 1., 2. puis 3. Staffel. Ma 2. Staffel décolla avec 10 appareils – deux „Schwärme“ et un „Rotte“ supplémentaire, formé par le lieutenant Schön et moi-même. Les conditions météo étaient nettement défavorables pour la tâche à accomplir, en raison surtout de la mauvaise visibilité. Le vol vers Varsovie se déroula sans incident, jusqu’à ce que nous tombions sur les chasseurs ennemis à environ 20 km au nord de la ville. Dès que nous les avons vus, la Staffel fondit à l’attaque. Une mêlée sauvage s’est engagée. J’ai fait de mon mieux pour rester aux côtés du lieutenant Schön. Nous avons isolé deux chasseurs et les avons engagés. Ils ont tous deux viré autour de nous afin de nous rencontrer de front. Soudain, l’un d’eux a surgi juste en face de moi. Nous avons ouvert le feu au même instant. Quand j’ai rompu le combat, je me suis aperçu que nous nous étions égarés au-dessus de Varsovie. J’ai aperçu un seul PZL 24 à proximité et l’ai poursuivi. Il a été à portée de tir seulement quelques secondes puis il est reparti. Entre-temps, j’étais plus préoccupé par le barrage anti-aérien des multiples positions qui entouraient la ville. Dans un premier temps, les éclats de la « Flak » (polonaise) pouvaient être aperçus en-dessous mais plus tard, les explosions de suie noire ont commencé à surgir tout autour de nous, dangereusement près. Je pouvais voir nos combattants, chasseurs et bombardiers sur Varsovie. Ici et là, des chasseurs ennemis isolés se mêlaient à eux. Pour la troisième fois ce jour-là, j’ai eu la vision d’un chasseur PZL dans mon collimateur. J’ai ouvert le feu et mon adversaire s’est esquivé dans les nuages.

Ensuite, je me suis retrouvé tout seul. Heureusement, je remarquai sous moi une formation de He 111 et les ai suivis. Je les accompagnais jusqu’à un point à environ 10 km au nord de Varsovie, d’où ils ont viré vers l’ouest tandis que je continuai vers le nord. Je n’ai aperçu aucun de nos chasseurs sur le vol du retour. J’ai attendu en vain jusqu’à 17h25 au dessus de la confluence de la Narew et de la Bug, puis ai pris le cap du retour. J’ai volé le long de la rivière Narew jusqu’à Ostrołęka. Là, j’ai changé le cap de 20 degrés et au-dessus de Gnesen, j’ai franchi la frontière. De là, je ne savais pas où aller, j’ai piqué pour jeter un œil sur la gare ferroviaire la plus proche mais je ne l’ai pas trouvée sur ma carte. En suivant une voie ferrée étroite, je suis arrivé au-dessus de Johannisburg d’où j’ai volé jusqu’à Arys. J’ai raté l’aérodrome la première fois et suis retourné à Johannisburg. Enfin, j’ai pu repérer l’aérodrome, où je me suis posé à 18h00. Le voyant de réserve de carburant était allumé depuis 28 minutes ».

 

_00002Le 17 septembre 1939, un certain nombre de pilotes de la JG 21 reçoivent la Croix de fer (2e classe) à Arys-Rostken.

De gauche à droite : Hptm. Martin Mettig (Commandant de la JG 21), Lt. Ekkehard Schelcher (1. Staffel), Lt. Hans-Ekkehard Bob (3. Staffel), Lt. Anton Schön (2. Staffel), Lt. Adolf von Boeselager (1. Staffel), Lt. Gustav Rödel (2. Staffel), Oblt. Leo Eggers (Commandant 2. Staffel ), Oblt. Georg Schneider (tenue claire – Commandant 3. Staffel), Oblt. Günther Scholz (Commandant 1. Staffel) , Lt. Ernst Ewers (1. Staffel) … et sur une autre photo du même groupe de pilotes (voir ci-dessous), un 11e pilote figure à droite, le Lt. Heinz Lange (1. Staffel)

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ek03Oblt. Georg Schneider

A l’issue des combats aériens au-dessus de Varsovie, les pilotes de la I./JG 21 revendiquèrent 5 victoires sur les chasseurs polonais PZL dont 4 furent confirmées. Ces victoires furent portées au crédit du Lt. Fritz Gutezeit de la 3./JG 21 (vers 16h55, dans la région de Varsovie), du Lt. Gustav Rödel de la 2./JG 21 (à 17h08, dans la région de Varsovie) ; de l’Oblt. Georg Schneider de la 3./JG 21 (à 17h10 au dessus de Marki, proche banlieue industrielle du nord-est de Varsovie) et de l’Uffz. Heinz Dettmer de la 3./JG 21 (à 17h19, au nord de Varsovie). La demande présentée par l’Oblt. Albrecht Dresz de la 2./JG 21 fut rejetée. Les recherches plus récentes menées par l’historien de la Luftwaffe Marius Emmerling, notamment sur la campagne de Pologne, aboutissent plutôt à la conclusion que le P.11 PZL du Capitaine Gustaw Sidorowicz de la 9e escadrille de la 113e escadre de chasse polonaise (113 Eskadra Myśliwska) fut probablement abattu par l’Oblt. Georg Schneider qui aurait donc obtenu une seconde victoire ce jour-là.

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Le pilote polonais a gardé de vifs souvenirs de ce duel :

« Tout d’un coup, volant à une altitude de 2000 mètres, j’ai repéré deux Messerschmitt au dessus de ​​Praga (un arrondissement historique de Varsovie, situé sur la rive est de la Vistule). J’avais l’avantage de l’altitude et j’ai décidé d’aller vers eux. J’ai surgi d’un cumulus et, arrivé à courte portée, j’ai lâché  une salve sur l’un des 109. Malheureusement, mes deux ailiers étaient en retard, ce qui a permis à l’autre 109 de virer vers moi et de m’envoyer une rafale bien ajustée.

Le chasseur sur lequel j’avais tiré dégageait de la fumée et plongeait sur un angle raide. Je ne pouvais pas suivre sa descente et au même instant, les munitions sous mes pieds, touchées par l’autre Allemand, ont commencé à exploser. Je voulais me battre mais mes mitrailleuses étaient inutilisables, les bandes de munitions déchirées. Je réalisais également que mon avion était en feu. De plus, j’étais de nouveau attaqué. Fort heureusement, il y avait un banc de nuages ​​à proximité. Je plongeais à droite et me laissais tomber dans un nuage peu épais. Je me suis senti un instant soulagé. Contre tout espoir, j’ai tenté de me débarrasser de mes assaillants et d’éteindre les flammes qui surgissaient quelque part sous le fuselage en plongeant vers le sol. De fait, les flammes ont semblé s’éteindre mais lorsque je suis sorti des nuages, j’ai été immédiatement de nouveau attaqué. Cette fois-ci, le 109 a touché mon aile droite. J’ai plongé vers le sol, à la recherche de la protection de notre artillerie anti-aérienne. Ma machine était en feu. J’étais déjà trop bas pour pouvoir sauter en parachute. J’ai franchi la Vistule, en direction de Gocław. Le moteur s’est coupé et je me suis préparé pour un atterrissage forcé. J’ai d’abord accroché une clôture de fer qui a cisaillé le train d’atterrissage fixe puis je me suis posé sur le ventre. Quelques habitants ont couru vers moi et m’ont aidé à sortir du cockpit. J’étais couvert de blessures et j’avais des brûlures. Je fus évacué à l’hôpital « .

(Kurowski Adam, Bijcie się z nami Messerschmitty!, Warszawa 1967, pp. 90-91).

Du côté allemand, les pertes furent également conséquentes. Les Lt. Friedrich Behrens et l‘Uffz. Otto Wolz de la 1./JG 21 durent faire des atterrissages forcés en raison de blessures durant les combats au-dessus de Varsovie et furent capturés. Le Lt. Behrens ne put retourner en Allemagne qu’après la cessation des hostilités, le 6 octobre 1939. L’Uffz. Wolz n’a pu quitter l’hôpital pour reprendre le service que le 12 novembre 1939. Le Lt. Rudolf Heimann de la 2./JG 21 à court de carburant a du se poser sur le ventre sur le territoire polonais. Fait prisonnier, il n’a été libéré que le 6 octobre. Deux autres pilotes ont connu le même sort dans la 3./JG 21, le Lt. Fritz Gutezeit forcé de se poser à court de carburant dans les environs de Suwałki tout comme l’Uffz. Heinz Dettmer près de Augustów. Le caporal Werner Ahrendt de la 3./JG 21 s’est égaré vers la Lituanie où il a été interné jusqu’au 6 octobre. Au total, cinq pilotes allemands ont été contraints d’atterrir derrière les lignes polonaises tandis le sixième a donc été fait prisonnier en Lituanie. D’autres estimations des pertes de ce 1.Gruppe (composé de la seule JG 21) établissent le nombre de 11 avions perdus en raison sans doute de l’inexpérience des pilotes et du rayon d’action trop ambitieux des Bf 109-D ce jour-là.

Dans les jours qui suivirent, les avions de la JG 21 se trouvèrent affectés aux missions d’appui des troupes au sol. Le 7 septembre 1939, Schneider abattit un deuxième PZL P. polonais à 72 km au NNO de Varsovie, dans le secteur de Ciechanow. A l’issue du conflit germano-polonais, la 3. Staffel fut rapatriée à Mönchengladbach d’où elle fut engagée à partir du 10 mai 1940 sur le front occidental.

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Maquette du Bf 109-E (Emil) „Gelbe 1 de l’Oblt. Georg Schneider – Mai/juin 1940

Ce jour-là, Georg Schneider obtint alors sa 3e victoire contre  un Gloster Gladiator belge près de Tongeren au NO de Liège (1ères victoires pour deux de ses ailiers, Hans-Ekkehard Bob et Leykauf). Sa victoire suivante fut un Hawker Hurricane de la RAF (607 Sq.) le 12 mai près de Jodoigne, au SE de Bruxelles. Ses 5e et 6e victoires se placèrent en France dans le secteur de Cambrai, un Morane M.S. 406 (pilote : le lieutenant polonais Kazimierz Bursztyn, décédé) du GC III/1 le 25 mai au-dessus de Moyenneville près de Bapaume et un autre Morane M.S. 406 (pilote indéterminé : adjudant Roger Saussol ou lieutenant de Malmann, tous deux faits prisonniers) du même GC le lendemain au-dessus de Ligny-Thillois au SO de Bapaume. Ce combat du 26 mai fut âpre, engageant 17 chasseurs français (12 M.S. 406 et 5 Curtiss H75-A) escortant des avions d’observation Potez 63-11 du GR 2/33 contre 13 Messerschmitt 109-E de la 2./JG 21 auxquels les pilotes de la 3./JG 21, dont Schneider, viendront porter renfort.

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C’est au cours de ce « dogfight » que Schneider abattit soit l’avion du lieutenant de Malmann (sautant en parachute, il se fit cueillir au sol par les troupes allemandes), soit l’avion de l’adjudant Saussol à court de munitions qui se posa de justesse dans un champ (blessé à la jambe, Saussol fut également capturé au sol). A court de carburant après ce dernier combat, Schneider dut faire un atterrissage d’urgence sans dommages à Saint-Pol-sur-Ternoise aux mains des Allemands. A la fin de ce mois de mai 1940, Schneider avec 6 victoires homologuées fut classé avec la meilleure note (1) du JG 21. Sa 7e et ultime victoire fut celle obtenue contre un Bristol Blenheim Mk.IV britannique à 5 km au sud de Soesterberg aux Pays-Bas le 27 juin 1940, combat au cours duquel le Blenheim réussit dans sa chute à l’atteindre également.

Reconstitution du combat aérien du jeudi 27 juin 1940 …

Tôt le 27 juin 1940, une formation de bombardiers Bristol Blenheim Mk.IV  de la RAF 82 Squadron se dirige à partir de sa base de Watton (Norfolk – GB) pour une mission sur le NO de l’Allemagne.

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Sur leur vol de retour, vers 16h 15, 3 de ces Blenheim surgissent au-dessus de l’aérodrome allemand de Soesterberg (Pays-Bas) et commencent à cercler au-dessus de la base de la Luftwaffe. Les chasseurs Bf 109 E-1 de la 3./JG 21 décollent aussitôt… Dans le combat aérien qui s’engage, l’Oblt. Schneider abat le Blenheim R3731, UX-Y.

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Le bombardier britannique s’écrase dans un bois de Woudenbergseweg, près de Zeist (Utrecht), à 12 km au SO de Amersfoort. Deux des membres de l’équipage britannique trouvent la mort : le P/O (Pilot officer – RAF 42640, 82 Sqdn.) Ralph Percy (21 ans) et le mitrailleur (W.Op./Air Gnr. – RAFVR 749331, 82 Sqdn.), le sergent Andrew Clark (22 ans). Le navigateur et observateur, le sergent A.A. Stanley arrive à s’en sortir (fait prisonnier, il survivra au conflit). Durant la chute de son appareil, le mitrailleur Andrew Clark réussit lors d’un dernier échange de tirs à atteindre l’appareil de Georg Schneider qui s’écrase également, à proximité de Zeist. Schneider avait lui 26 ans.

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NB : ce présent article est l’état actuel de mes connaissances accumulées sur un an de recherches accomplies sur la base d’archives personnelles et d’internet avec l’aide amicale d’un certain nombre de maquettistes des forums « Fighters » et « Scalemodel »  … qu’ils en soient vivement remerciés ici !

Les photos utilisées dans cet article le sont à titre strictement documentaire, certaines proviennent de sources familiales, d’autres de sites internet publics : que les éventuels détenteurs de droits sur ces images me contactent s’ils l’estiment nécessaire.

Enfin, il ne s’agit ici aucunement d’une apologie du régime qui a sévi en Allemagne de 1933 à 1945, ni d’une « glorification » d’un pilote de la Luftwaffe mais simplement d’un hommage à un jeune pilote qui se trouve être mon grand-oncle… Plus globalement, il s’agit d’un hommage à tous les pilotes de cette Seconde guerre mondiale à travers l’un d’entre eux sans oublier que certains se battaient pour une plus noble cause que d’autres … Les épaves des deux avions qui se sont écrasés le 27 juin 1940 ont été (d’après des sources britanniques) retrouvées et il existerait un projet de placer une stèle sur les lieux pour les trois jeunes hommes qui ont trouvé la mort ce jour-là.

 

 

 

 

 

3 Réponses à “Oblt. Georg Schneider – 3./JG 21 – Le pilote”

  1. Saussol Dit :

    Mon père, Roger Saussol pilote de chasse a été effectivement abattu ce jour là dans ce secteur. Il a laissé un récit de cette journé dans son journal de guerre dactylograpjié ( non publié et conservé dans la famille). A une notice dans Google sous la ribrique : Ciel de Gloire Roger Saussol

    Répondre

  2. Saussol Dit :

    Bonjour mon pere est un Saussol de l aveyron , je me demandais si Roger Saussol ne serai pas de ma famille , avez vous de la famille a la Selve ?

    Répondre

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